Se connaitre soi même

le

IMG_5226

J’en ai parlé à demi mot ici et là, mais je traverse une période très sombre de ma vie de jeune maman.

Ras le bol, rejet, colère rage même sont les mots que je décris pour exprimer ce que je ressens. Ma relation avec mes enfants, notamment mon fils, est très conflictuelle depuis des mois.

La fatigue n’est pas étrangère a tout ça, mais je sentais qu’un mal plus profond me rongeait.

Le ras le bol a entraîné la colère et la colère m’a fait ressentir une violence immense et dévastatrice  envers mes tous petits. C’est très dur pour moi d’en parler mais peut être que mon témoignage pourra en aider d’autre dans mon cas.

C’est vrai que sur internet et les réseaux sociaux, les démonstrations d’amour et de bienveillance sont omniprésentes. Et c’est une très bonne chose. il est temps que les vieilles méthodes d’éducations archaïques cessent et laisse place à une coopérance entre parents et enfants qui ont des besoins et des capacités bien particulières selon leur âge. Ce ne sont pas des minis humains sauvages qu’il faut mater et discipliner mais bien des êtres à part entière que l’on doit mener et guider dans le monde qu’on a façonné jusqu’a leur arrivée. Mais malgré le fait que c’est impératif dont de comprendre les besoins des enfants il est temps aussi de mettre en lumière les besoins des parents que nous sommes.

Aujourd’hui nous subissons des pressions immenses : les emplois sont difficiles à obtenir, souvent très chronophages, à la limite de l’exploitation pour beaucoup au contraire sans intérêt ni reconnaissance de nos qualités… Les problèmes sociétaux et écologiques nous poussent à devoir réinvestir les cuisines et faire attention à tout ce que l’on achète ce qui est essentiel mais également chronophage… Et les dernières études sur le développement du cerveau des enfants nous forcent à réinventer à nouveau ce que l’on connait et qui nous a forgé.

Et notre moi intérieur dans tout ça? Nos besoins? Ils passent parfois à l’as et cela peut avoir des conséquences dramatiques.

Ce n’est pas conscient, la plupart des parents tiennent le coup, font du mieux qu’ils peuvent ou ont la chance d’être épaulés mais certains n’y arrivent pas. Et comment avouer que l’on n’arrive pas à s’occuper de ses enfants? comment assumer le fait d’avoir l’impression de ne plus les aimer ou de ne plus les supporter?  Il n’y a pas de sentiment plus honteux que celui ci… Enfin pas à ma connaissance.

Il parait que ça s’appelle le burn-out.

Au travail, certains employés subissent ce burn-out, ils sont alors arrêtés et sortis de leur « enfer ». La reconnaissance de ce mal être comme une pathologique du travail,  le repos, l’éloignement du lieu ou des collègues anxiogènes et l’accompagnement thérapeutique permettent de guérir et de soit se remettre en condition pour y retourner soit se réorienter.

Mais à la maison, comment s’isoler ? On ne peut pas dire à un tout petit « désolé j’ai un arrêt de travail pour 3 mois alors laisse moi ce temps pour me retrouver ». On ne peut pas démissionner, les abandonner. Pourtant aussi horrible que cela puisse paraître ce sont des sentiments que l’on éprouve.

En tout cas, ce sont les sentiments que j’éprouve après avoir dévolu ma vie durant 3 ans à mes 2 enfants. Corps et âme. 24h sur 24. 7j sur 7. Et un jour je suis sortie de mes gonds. Ma rage a pris possession de ma bouche et a commencé à menacer mes tous petits. Je savais qu’il ne faut pas le faire. J’ai lu Catherine Gueguen, Isabelle Filliozat je sais qu’elles ont raison je crois dur comme fer aux méthodes qu’elles promeuvent mais voila je ne suis plus moi dans ces moments la.

Quand mes enfants testent les limites, refusent ci ou ça je me sens acculée, en perte d’équilibre non respectée, et je crie,  je menace… et ils ont peur. ils ont peur de leur maman. Il n’y a rien de pire que d’avoir peur de sa maman. Rien.

J’ai essayé de voir une psy mais sans succès, j’ai essayé de faire un travail seule sur moi mais sans succès, j’ai vu une naturopathe et on a fait quelques séances qui malgré de grands espoirs ne donnait pas de résultats. Je perdais de plus en plus pied. Mon homme voyant l’urgence de la situation a amené tout le monde à la campagne. Mais ils ne m’ont pas manqué. Même pas une seconde. Enfin si, l’idée de ma fille malicieuse, oui, mais elle est plus souvent invivable que malicieuse dans mon ressenti. Ils sont revenus et la rage est revenue pour essayer de les « mater ».

La semaine dernière  je suis allée une nouvelle fois chez ma naturopathe, sans grand espoir, mais quand même, j’aime travailler avec elle, le contact est si bien passé. Et on a reparlé de tout ça longuement, elle a cherché, cherché à comprendre, elle voyait qu’elle n’avait toujours pas réussi à mettre le doigt sur La raison. Et à un moment, en une ultime question, elle a compris… On a compris. Cette rage n’est pas juste de la rage, c’est la partie de moi qui a été complètement oubliée depuis des années et qui m’appelle à l’aide. Ma « solitaire créatrice ». Celle qui faisait que je veillais des nuits entières à écrire, celle qui m’a fait me sentir si épanouie durant mon stage en recherche, celle qui m’aide à transcrire des émotions au travers de mon objectif, celle qui a mis des murs autour d’elle pour se protéger, celle qui m’a construite dans la société et mon rapport à la vie… Et c’est la que le bas blesse, elle est si différente des enfants qu’elle a beaucoup de mal à cohabiter avec eux. Surtout que je lui ai infligé de les voir tous le temps puisque j’avais fait le choix de rester à la maison pour les premières années et après 2 ans et un 2eme enfant elle a dit stop et elle a commencé à se retourner contre eux. Et c’est là que tout a dérapé et que me rappelant à son bon souvenir j’ai commencé à la laisser gagner du terrain sur ma tentative d’éducation entière et  bienveillance qui ne m’épanouissait visiblement pas vu que je perdais le sourire à vue d’oeil.

Aujourd’hui on ne va pas se mentir je ne suis pas « guérie », mais j’ai compris ce qui se joue en moi et les raisons pour lesquelles j’en suis arrivée la. J’ai renoncé a mon choix de garder mon fils jusqu’a son entrée a l’école et il est gardé par une nounou pour me permettre d’avoir a nouveau mon espace vital, je tente de vivre de ma passion qu’est la photographie et m’épanouir la dedans en tant qu’individu et plus en temps que maman de… Et je dois continuer le travail sur moi pour que ma partie « solitaire créatrice » accepte les enfants et que je renoue – voire que je noue tout court – un lien fort et aimant avec mes enfants.

Cet article a été dur à sortir mais vraiment je pense qu’il peut aider beaucoup de personnes a se rendre compte qu’on n’est pas tous capables des mêmes choses, que pour certains la parentalité et surtout la maternité n’est pas innée ou totalement épanouissante. Et ce n’est pas grave. On n’est pas moins bien que les autres, on ne sera pas moins aimant une fois que l’on aura réussi à faire ce travail d’introspection. Et une dernière chose, ce travail d’introspection est difficile voir impossible à faire seul, vraiment j’avais réussi à aller loin dans mon travail sur moi même mais je n’ai jamais ne serait-ce qu‘effleurer cette dualité qui a mené à un burn out. Je croyais que j’étais juste cette femme qui a fait des enfants « pour en faire » mais qui n’aurais pas du, celle qui va regretter toute sa vie et qui va les rendre malheureux alors que pas du tout, je ne suis juste pas capable d’être pleinement et uniquement mère, j’ai un grand besoin de solitude et de calme.

J’ai enfin hâte d’avancer dans la vie et de mettre tout en oeuvre pour aimer cette vie en famille.

Et je ne remercierais jamais assez cette femme, ma naturopathe de m’avoir aidée et soutenue sans jugement et d’avoir creusé pour je le pense sauver notre famille.

Prenez soin de vous même, personne ne peut le faire a votre place

Audrey

Publicités

6 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. ColombesMum dit :

    Merci et courage dans cette reconquête. Ne jamais s’oublier.

    J'aime

  2. Sigrid dit :

    Courage. Ta photo est magnifique, je te souhaite de retrouver le sourire 🙂

    J'aime

  3. Emilie JULIEN dit :

    Magnifique article, ta lucidité et ton désir de protéger tes enfants de ce burn-out est tout à ton honneur. Les « mères » supportent encore trop la charge des enfants….Quel bonheur les lieux parents enfants, les amies qui ne jugent pas, les journées sans eux ! De l’empathie POUR SOI c’est important… Merci pour cet article.

    J'aime

    1. Louvelyane dit :

      Merci pour tes mots vraiment, c’est vrai qu’ils est primordial de bien s’entourer et de savoir s’écouter et sortir de cette mauvaise spirale!

      J'aime

  4. Edwige dit :

    Merci pour ce témoignage profond et sincère… et comme je me retrouve dans ce que tu décris ! C’est dur d’être de bons parents, et oui nous avons besoin d’être accompagnées pour ne pas « burn-outer » ou tomber dans le « dressage » à l’ancienne qui donne l’illusion que ça fonctionne mieux. Merci, cela fait beaucoup de bien de partager ces choses inavouables 🙂 bise

    J'aime

    1. Louvelyane dit :

      De rien , c’est vrai qu’on trouve peu de témoignage de quand ça tourne mal alors si ça peut aider/deculpabiliser/faire prendre conscience de ce qu’il se passe dans la tête de certains parents je suis heureuse d’avoir eu le courage de poser ici ces quelques lignes. bisous

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s